BAAL

de Bertolt Brecht
traduction Éloi Recoing

« Brecht commence sa vie d’écrivain par la poésie : les poètes à la vie scandaleuse et immorale, comme Rimbaud, l’inspirant davantage que les héros classiques. En 1918, il est mobilisé à l’âge de vingt ans comme infirmier dans un hôpital militaire et doit interrompre ses études. Il confie alors à un ami qu’il “voudrait écrire une pièce sur François Villon qui fut au XVe siècle, assassin, brigand, chansonnier et poète” et compose sa première oeuvre dramatique, Baal, qu’il remaniera en 1919 et dans laquelle on pressent le grand dramaturge à venir.

Toute sa vie, il retravaillera cette pièce, dont la dernière version date de 1955, un an avant sa mort. Cette oeuvre poétique, philosophique et politique décrit l’errance existentielle d’un poète lyrique, Baal, assoiffé de sexe, de schnaps et de mots. Il aurait pu connaître le succès, mais il refuse les faux-semblants, les compromis, les conventions sociales et bourgeoises. Il veut être libre, préfère la solitude — cette vérité de l’être au monde — et la nature dans ce qu’elle a de plus sauvage. Les mains dans les poches, la tête pleine de rêves, il traverse des paysages aux ciels violacés et des nuits étoilées.

La deuxième version de Baal de 1919, dans la traduction d’Éloi Recoing, fait ressentir la fougue, la violence, le désoeuvrement et les affres de la chair d’une jeunesse au lendemain d’un monde traumatisé par la guerre. Baal, figure du poète maudit reste cependant sans époque et sans âge. Il est de tout temps. »

Christine Letailleur

Le spectacle a été créé le 21 mars 2017 au Théâtre national de Bretagne. Repris au TNS du 4 avril au 12 avril 2017, au Théâtre national de la Colline du 20 avril au 20 mai 2017 et à la Maison de la culture d’Amiens le 23 et 24 mai 2017.

adaptation et mise en scène
Christine Letailleur

traduction Éloi Recoing

Avec

Youssouf Abi-Ayad Johannes

Clément Barthelet

Fanny Blondeau

Philippe Cherdel

Vincent Dissez

Manuel Garcie-Kilian

Valentine Gérard

Emma Liégeois

Stanislas Nordey

Karine Piveteau

Richard Sammut

scénographie Emmanuel Clolus et Christine Letailleur

régie générale Karl Emmanuel Le Bras

lumières Stéphane Colin

son et musiques originales Manu Léonard

vidéo Stéphane Pougnand

assistante à la mise en scène Stéphanie Cosserat

assistante à la dramaturgie Ophélia Pishkar

assistante costumes Cécilia Galli

 

production Théâtre national de Bretagne ⁄ Rennes
coproduction La Colline – théâtre national, Fabrik Théâtre, compagnie Christine Letailleur, Théâtre national de Strasbourg, Théâtre de la Ville – Paris
avec la participation artistique du Jeune Théâtre National

Christine Letailleur est artiste associée au Théâtre national de Bretagne / Rennes et au Théâtre national de Strasbourg.

Remerciements à Frank George pour les cours d’harmonica, à Anett Schubotz et Liane Thiemann du Bertolt-Brecht-Archiv de l’Akademie der Künste de Berlin.

L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.
Le décor et les costumes ont été réalisés par les ateliers du TNS.

Dans le cadre de la création, la pièce a été rééditée à l’Arche dans la traduction d’Eloi Recoing

http://www.arche-editeur.com/publications-catalogue.php?livre=52

Baal
Traduit de l’allemand par Eloi Recoing

ISBN : 978-2-85181-913-0 – 11€

« Baal est sans doute le texte le plus personnel de Bertolt Brecht, hommage au poète assassin et chansonnier que fut François Villon, et sans doute autoportrait de l’auteur lui-même. De cette pièce, qu’il remania sa vie durant, il n’existe pas moins de cinq versions. Nous publions ici sa version originelle, datée de 1919, dans une traduction qui restitue son oralité vorace et scandaleuse. La pièce éclaire les errances et les éclats d’un jeune poète, excessif et marginal, et par-là de toute une génération, traumatisée par la Grande guerre.

Par une sorte de quête faustienne inversée, l’artiste Baal aspire davantage à la décomposition qu’à la création et entraîne dans sa chute inexorable les êtres qu’il aime. « Il a le sérieux de la bête » : grand jouisseur insatiable, il incarne aussi bien la grandeur du créateur que la misère de la créature. »